19.07.2012

Photographier le sport – l’envers du décor

19.07.2012

Photographier le sport – l’envers du décor

Le photographe Richard Moran avance que photographier l’action n’est pas la seule façon de rendre compte de l’ambiance 

Je me suis intéressé à la photographie presque toute ma vie.

Du laboratoire de développement de photos argentiques avec mon père dans les années 70 à l’envoi de photos sur un blog en une micro seconde en 2012, l’art de communiquer grâce à la photographie a toujours fait partie de ma vie d’aussi loin que je me souvienne. La technologie a tellement évolué que si je m’asseyais avec mes enfants et que j’essayais de leur raconter qu’il n’y a pas si longtemps que cela, je mettais plus d’une heure à partager une image avec quelqu’un, ils me regarderaient comme si j’étais devenu fou.

La plupart du temps je fais partie d’une équipe qui a un projet particulier, un objectif à atteindre, et on me dirige dans ce sens afin de parvenir à ce but : « photographie ça comme ça pour qu’on puisse faire ceci avec cela, et ensuite photographie ça comme ceci pour qu’on puisse mettre ceci sur cela ». Ainsi, mon travail personnel est la forme la plus pure de ce que je fais puisque je ne suis ni dirigé ni distrait par qui ou quoi que ce soit.

Je m’intéresse aux gens poussés par le désir de faire quelque chose, ils ne baissent pas les bras, ils continuent jusqu’à ce qu’ils parviennent à leurs fins. Ces émotions doivent être incarnées par une vision stimulante et je pense que la course cycliste est un sujet qui correspond tout à fait à cette idée.

Je sais que c’est un sujet très photographié mais je m’intéresse à ce qui se passe à la limite du sport : je prête attention aux routines et aux rituels que les personnes ont avant de monter sur le vélo et qui les poussent à un niveau que peu d’entre nous peuvent atteindre. La course est le but ultime de ces hommes, mais elle se déroule tellement vite que vous ne pouvez pas vraiment saisir qui sont ces gens et les sacrifices qu’ils font pour en arriver là. J’ai passé du temps à observer leurs rituels quotidiens avant et après la course et j’ai trouvé que derrière ces athlètes conditionnés, soumis et habitués aux médias, il existe une partie plus humaine et plus incertaine… Je pense que les photos de l’envers du décor saisissent cela.

Photographier ainsi donne une qualité différente aux photos car ils baissent leur garde, ils se préparent pour la course et la plupart du temps, ils ne se rendent pas compte de ma présence. Je trouve que j’ai davantage de contrôle, je peux manipuler l’arrière-plan, jouer avec l’exposition, créer une ambiance et une atmosphère qui donne un aperçu de la raison pour laquelle ces hommes font ça. La façon la plus évidente de photographier le cyclisme serait de montrer une action pleine d’adrénaline, mais la plupart des gens ne comprennent pas ce qu’il faut faire pour produire des images de sport de haute qualité et n’ont pas non plus les outils pour y parvenir. L’autre option est de photographier ce que vous voyez, ces images sont tout autour de vous lors de courses cyclistes professionnelles, tout ce que vous avez à faire, c’est d’être patient, arrivez bien avant que la course ne commence et oubliez les règles.

 

 

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