15.03.2014

Dune

15.03.2014

Dune

Dune

En ce moment je tente d’écrire une histoire sans avoir vraiment de choses à raconter mais beaucoup de chose à ressentir.
Il y est question d’une recherche de dune de sable, d’un petit paradis factice, d’une sensation éphémère mais pleine de bonheur et d’insouciance. Je ne sais clairement pas comment parler de tout cela sans tomber dans du déjà vu, de l’illustratif, du banal.
Dans ce genre de situation, instragram peut m’aider à capturer des images qui nourrissent mes histoires, apparaissant comme des traces, des bribes, des extraits. Je pioche dans mes images comme dans un catalogue, pour ressentir les instants de chacune d’entre elles, en faire état, les digérer et les transformer (ou du moins essayer) en matière narrative.

On part à la recherche des dunes. Je sens qu’elles nous échappent déjà. J’ai presque envie d’en tomber tendrement plutôt que d’en chuter.
J’ai fait un gâteau pour une sœur bernardine. C’est un clafoutis aux pommes et aux poires.
Aujourd’hui je n’ai pas vu de dune. Les routes sont toutes barrées. Il n’a pas trop plu. Hier pourtant, c’était comme un ouragan, on apercevait à peine la route. Les vagues étaient si grandes que l’on ne voyait plus l’horizon.
J’ai vu des embruns, ils étaient fins et blancs comme des nuages, ils virevolteraient et se collaient dans la frange de Maman.
Édouard parle à ses copains de l’autre côté du balcon. Lorsqu’il me regarde, ses yeux brillent.
J’ai appris que la grande dune était condamnée à cause de la tempête.
Le soleil est revenu, il n’y a pas un seul nuage. Les petits chemins montagneux me bercent, je m’endors presque.
La lumière jaune inonde les feuilles vertes et les façades blanches.

Tout haut perché, le grand roi observe l’océan, les arbres et les montagnes; il les embrasse. Une brume bleue dévore les visages lointains. J’ai trouvé de vrais balanes et j’en ai déposé un faux sur du marbre, remerciant.
Toutes les étoiles sont là et la lune sourit bravement.
Je suis partie mais les bruits me suivent; un bruissement de couette devient un souffle dans les arbres, une soufflerie crissante, une vague s’abattant.
La dune de sable est sûrement déjà loin et perdue.

Elle est invisible et même dans mes images elle n’apparait pas. Peut-être que je préfère la voir comme un objet irreprésentable, que même les mots n’effleurent qu’à peine, que les photographies tente de retrouver par certaines lumières et certains scintillements.

Lucie Malbéqui
Etudiante aux Beaux-Arts de Lyon

http://epidemiologie.tumblr.com/ (en construction)
http://ink361.com/clotildeboisrenard
http://instagram.com/clotildeboisrenard
https://www.facebook.com/luciemalbequi

Top
Our Brands